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David Pierron et les poissons


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Truite au poisson nageur : les présentations courbes

Un poisson nageur n’est pas une cuillère, ni même un vairon sur une godille. Alors pourquoi se limiter à l’utiliser comme tels ? Ainsi on se prive de sa qualité principale : sa densité ! Variable, elle permet à notre leurre d’être glissé sous les frondaisons ou au contraire maintenu dans une veine d’eau puissante. Mais surtout, cette faible densité permet, comme au streamer, de jouer des courants pour offrir une présentation plus attractive du leurre.

Je me rappelle d’ailleurs très bien comment cette évidence, qui m’échappait jusqu’alors, m’avait sauté aux yeux. C’était une ouverture avec les copains. Il allait bientôt être midi. Nous nous retrouvions pour casser la croûte et faire le bilan. Pour moi, la matinée ne s’était pas trop mal passée. Je devais avoir 4 ou 5 truites. Enfin, je pensais ! En arrivant au rendez-vous, Tof et Gaël étaient encore en train de pêcher. De loin déjà, les sourires accrochés aux deux visages en disaient long. Et d’une, et de deux : ça n’arrêtait pas ! Et ça avait été comme ça une bonne partie de la matinée. « Il faut faire des boucles » me lance Gaël « elles ne prennent que comme ça ! ». Je me rapproche. Tof s’exécute ! Lancer au ras de la berge d’en face. Il couche la canne vers l’aval, au lieu de la lever vers l’amont. Je suis intrigué. En plus, il donne du fil si bien qu’une grande boucle se forme sur l’eau. Il ferme le pick-up et commence la récupération. La boucle se déploie. Et au moment où le poisson nageur amorce le virage : boom, la touche ! Je me passe de vous dire que Tof jubilait de me donner une telle leçon !

La leçon...

La leçon…

Faites des boucles

De par leur densité, bien inférieure à une cuillère ou une gobille, les poissons nageurs n’obligent pas à une récupération immédiate. Comme cette anecdote d’ouverture nous l’apprend, il est possible de donner de la bannière pour faire du courant un allier. Ainsi, il devient possible de faire des présentations courbées  offrant une nage optimale du leurre. Grâce à l’angle ouvert créé par la boucle de fil entrainée par le courant, le leurre traverse la rivière en montrant ses flancs. Mais bien plus lentement et naturellement qu’on le ferait avec une récupération linéaire en plein travers.  Plus encore, en se déployant dans le courant, la boucle induit une accélération progressive jusqu’au changement de direction brutal et l’arrêt au moment où la ligne vient se placer en parallèle à la berge. Fatal ! Mais ça n’a rien de nouveau : c’est la base de la pêche à la mouche noyée !  Un poisson est naturellement plus enclin à suivre une proie en se laissant porter par le courant qu’à lutter contre pour aller la chercher.  Si le poisson n’est pas dans un niveau d’activité suffisant pour intercepter directement la proie au passage, il peut tout de même la suivre pour voir et se laisser aller à une attaque en fin de course.  Voici en quoi réside le principe des présentations courbées.

Présentation PowerPoint

Savoir donner

Il est d’autant plus facile de réaliser des présentations courbées que l’on dispose d’une canne longue et d’un fil visible pour contrôler la bannière. Une fois le lancer réalisé, on pointe la canne au ras de l’eau et on contrôle la sortie du fil avec l’index sur la bobine du moulinet. Quand la boucle est suffisamment formée, on enclenche la récupération pour mettre le leurre en action puis on continue. Mais souvent le mieux est encore de laisser le courant faire son œuvre. Plus le lancer est aval et la boucle courte, plus la course du leurre est rapide comme adaptée au courant lent. Inversement, plus le lancer s’effectue vers l’amont et la boucle formée, plus la course du leurre dans les courants rapide est lente. Ensuite l’angle donné à la canne par rapport au courant et la vitesse de récupération viennent ajuster la présentation.

Plus le courant est soutenu, plus on lance amont et forme la boucle

Plus le courant est soutenu, plus on lance amont et forme la boucle

Le bon leurre

Même si les présentations bouclées sont réalisables avec tous les types de poissons nageurs, les petits minnows à la silhouette allongée « prennent » mieux le courant que les trapus. Dans les plats courants, linéaires et peu profonds, qu’affectionnent souvent les truites en début de saison, un modèle flottant ou suspending convient bien. Lorsque le courant ne tire pas trop, j’utilise le Gamera 50 SP. Il a un wobbling (frétillement latéral)  assez prononcé et se met en action même « tracté » lentement. Les coloris Trout Fry et Metallic minnow sont devenus pour moi des bases. Et cette année,  Gunki fait même du « sur mesure » avec le coloris Flash trout fry. J’en rêvais, ils l’ont fait !

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Mais parfois, ce n’est pas le wobbling avec son empreinte vibratoire soutenue qui a la faveur des truites. Il leur arrive de préférer des leurres avec des frétillements plus mesurés couplés à un rolling (roulis) plus marqués. Dans ce cas, j’utilise avec bonheur le flat fry d’Illex. Avec ses flancs plats, son impact vibratoire est faible alors que l’effet visuel créé par le rolling reste conséquent. Enfin, je ne sais pas si c’est cela, mais présenté courbé, ce leurre m’a rapporté des quantités de truites.

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Si la veine d’eau est importante et le courant  marqué, j’opte alors pour un modèle coulant.  Durant la phase de déploiement de la bannière, il a le temps de s’enfoncer dans la lame d’eau. En termes de modèles, je me limite alors aux peu coulants, comme les traditionnels Count Down, les Tricoroll S d’Illex. Avec l’ample wobbling qui a fait la réputation des Tiny Fry, j’ai beaucoup d’espoir en la nouvelle version coulante du Tiny Fry 50 S.

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J-2 : voilà pour la théorie ! Maintenant place à la pratique ! Sur ces quelques conseils, qui j’espère vous auront été enrichissants, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une excellente saison. Tentez les boucles, jouez des courants. Vous verrez, l’ami Tof avait raison : les présentations courbées, c’est jubilatoire !

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