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David Pierron et les poissons


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Ma belle ouverture

L’ouverture de la truite est déjà loin, mais aujourd’hui, j’ai enfin fait « mon » ouverture. Vous savez celle où on se retrouve seul sur son parcours favoris. J’étais parti pour aller pêcher le corégone à Pierre Percée mais les 60 km/h de vent annoncé pour aujourd’hui m’ont fait prendre un autre chemin.

Me voici donc en milieu de matinée au bord de la Vezouze. Elle est basse et claire, sans surprise. Le secteur par lequel je débute est découvert si bien que les herbiers de renoncules ponctuent d’un vert tendre le lit gréseux de la rivière. Ce sera donc un Gamera 50 SP Metallic minnow qui plongera à l’eau en premier. Au 2ème lancer, il se fait intercepter sans appel. C’est bon signe pour la suite. Séance photo et c’est reparti.

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Les prochaines prétendantes sont plus farouches. Elles se décalent,  tapent « court ». Il est temps de changer de coloris. La ripisylve devient plus dense et les renoncules laissent place à un fond minéral. J’opte pour un coloris Flash Trout fry. Je pique un petit poisson au premier lancer : c’est bon. Mais non, en fait, c’était une erreur de jeunesse ! Ses aïeules ne se laissent pas berner par le nouveau coloris 2014 ! Permutation, pour un Ghost Trout fry. Et là enfin c’est le bon. Les prises s’enchainent ! Les truites ne sont pourtant pas sur les postes de chasse classiques. Pour déclencher les touches, il faut passer au plus près des obstacles qui jonchent le lit du cours d’eau.

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J’arrive sur un secteur où la rivière se resserre entre les aulnes. La lame d’eau devient plus importante et le Gamera 50 SP moins opérant. Je permute donc avec un Gamera 65 SP, toujours en coloris Ghost Trout Fry. Au lancer suivant, une grosse truite se décale pour prendre le leurre mais il passe un peu vite sur le poste. Au lancer suivant, je change d’angle. Oh merde, le triple de queue du PN s’est posé sur une racine. Je ne peux pas pourrir le coup, d’autant plus que j’aperçois un autre  joli poisson posté juste en aval. Je remonte, traverse à gué et, à plat ventre je m’approche de la maudite racine. Je libère le Gamera. Entrainé par la ligne, elle-même tracté par le courant, il se met en action, fait 50 cm et là : boom ! A moins d’un mètre de moi, la truite attaque le leurre plein travers. La canne est restée sur l’autre berge, je ne peux être que spectateur ! Piquée, elle secoue la gueule pour se libérer, ni parvenant pas elle fonce dans un embâcle, s’y accroche et en 2 coups de tête se décroche. Je suis médusé… et allégé d’un poisson nageur ! Faute de Ghost trout fry, je passe au Metallic bleek. Mais résolument, le métallique n’a pas la cote aujourd’hui.

Elles veulent des leurres plutôt volumineux (toute proportion gardée), évoluant près du fond et surtout pas métallique : un Tricoroll 55 S Iwana pourrait faire l’affaire ? Les truites semblent être de mon avis. La cueillette reprend avec quelques jolis poissons à la clé.

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En milieu de journée, le vent forcit et le ciel se couvre. L’activité des truites se réduit. Je change mes poissons nageurs, mais je n’arrive pas à trouver de quoi déclencher encore quelques touches. C’est peut-être le moment de passer au leurre souple ? Un Grubby shad 6 cm Ayu, une tête G’foot 1.8gr, et hop, c’est parti ! Une dérive, deux dérives… A la troisième, je stoppe mon Grubby shad devant une souche. La truite attaque, et…je la rate ! Poste suivant, c’est la même ! Et encore une fois ! ça commence à me chauffer ! L’hameçon n°6 de ma tête est certainement trop petit. Je la remplace par une G’Slide de 2.5 gr avec un hameçon de 4. A la touche suivante, c’est dedans. Ouf !  « Tant que je gagne, je joue ! » Et ainsi, je continue ma partie de pêche au Grubby shad. La truite au LS, j’y prends goût !

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Pour clôturer, et peut être parfaire, ce moment seul avec les truites, je vais revoir si la grosse ne serait pas à nouveau en poste. En arrivant devant la fosse, je la vois, elle est là ! Lancer légèrement amont, le Grubby shad s’enfonce dans la veine d’eau avant de toucher le fond de sable. Je le décolle. C’est le moment où la truite lance sa charge ! Ferrage. Elle est au bout et défend cher sa peau. De mon côté, je me bats avec les troches d’aulnes pour accéder à la rivière. Elle est  devant moi épuisée sur le flanc. J’allonge le bras, je la touche, mais je suis trop court pour la saisir. Dans un ultime élan, la belle repart et se décroche. C’était certainement d’avantage son jour que le mien…

 

 

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Truite au poisson nageur : les présentations courbes

Un poisson nageur n’est pas une cuillère, ni même un vairon sur une godille. Alors pourquoi se limiter à l’utiliser comme tels ? Ainsi on se prive de sa qualité principale : sa densité ! Variable, elle permet à notre leurre d’être glissé sous les frondaisons ou au contraire maintenu dans une veine d’eau puissante. Mais surtout, cette faible densité permet, comme au streamer, de jouer des courants pour offrir une présentation plus attractive du leurre.

Je me rappelle d’ailleurs très bien comment cette évidence, qui m’échappait jusqu’alors, m’avait sauté aux yeux. C’était une ouverture avec les copains. Il allait bientôt être midi. Nous nous retrouvions pour casser la croûte et faire le bilan. Pour moi, la matinée ne s’était pas trop mal passée. Je devais avoir 4 ou 5 truites. Enfin, je pensais ! En arrivant au rendez-vous, Tof et Gaël étaient encore en train de pêcher. De loin déjà, les sourires accrochés aux deux visages en disaient long. Et d’une, et de deux : ça n’arrêtait pas ! Et ça avait été comme ça une bonne partie de la matinée. « Il faut faire des boucles » me lance Gaël « elles ne prennent que comme ça ! ». Je me rapproche. Tof s’exécute ! Lancer au ras de la berge d’en face. Il couche la canne vers l’aval, au lieu de la lever vers l’amont. Je suis intrigué. En plus, il donne du fil si bien qu’une grande boucle se forme sur l’eau. Il ferme le pick-up et commence la récupération. La boucle se déploie. Et au moment où le poisson nageur amorce le virage : boom, la touche ! Je me passe de vous dire que Tof jubilait de me donner une telle leçon !

La leçon...

La leçon…

Faites des boucles

De par leur densité, bien inférieure à une cuillère ou une gobille, les poissons nageurs n’obligent pas à une récupération immédiate. Comme cette anecdote d’ouverture nous l’apprend, il est possible de donner de la bannière pour faire du courant un allier. Ainsi, il devient possible de faire des présentations courbées  offrant une nage optimale du leurre. Grâce à l’angle ouvert créé par la boucle de fil entrainée par le courant, le leurre traverse la rivière en montrant ses flancs. Mais bien plus lentement et naturellement qu’on le ferait avec une récupération linéaire en plein travers.  Plus encore, en se déployant dans le courant, la boucle induit une accélération progressive jusqu’au changement de direction brutal et l’arrêt au moment où la ligne vient se placer en parallèle à la berge. Fatal ! Mais ça n’a rien de nouveau : c’est la base de la pêche à la mouche noyée !  Un poisson est naturellement plus enclin à suivre une proie en se laissant porter par le courant qu’à lutter contre pour aller la chercher.  Si le poisson n’est pas dans un niveau d’activité suffisant pour intercepter directement la proie au passage, il peut tout de même la suivre pour voir et se laisser aller à une attaque en fin de course.  Voici en quoi réside le principe des présentations courbées.

Présentation PowerPoint

Savoir donner

Il est d’autant plus facile de réaliser des présentations courbées que l’on dispose d’une canne longue et d’un fil visible pour contrôler la bannière. Une fois le lancer réalisé, on pointe la canne au ras de l’eau et on contrôle la sortie du fil avec l’index sur la bobine du moulinet. Quand la boucle est suffisamment formée, on enclenche la récupération pour mettre le leurre en action puis on continue. Mais souvent le mieux est encore de laisser le courant faire son œuvre. Plus le lancer est aval et la boucle courte, plus la course du leurre est rapide comme adaptée au courant lent. Inversement, plus le lancer s’effectue vers l’amont et la boucle formée, plus la course du leurre dans les courants rapide est lente. Ensuite l’angle donné à la canne par rapport au courant et la vitesse de récupération viennent ajuster la présentation.

Plus le courant est soutenu, plus on lance amont et forme la boucle

Plus le courant est soutenu, plus on lance amont et forme la boucle

Le bon leurre

Même si les présentations bouclées sont réalisables avec tous les types de poissons nageurs, les petits minnows à la silhouette allongée « prennent » mieux le courant que les trapus. Dans les plats courants, linéaires et peu profonds, qu’affectionnent souvent les truites en début de saison, un modèle flottant ou suspending convient bien. Lorsque le courant ne tire pas trop, j’utilise le Gamera 50 SP. Il a un wobbling (frétillement latéral)  assez prononcé et se met en action même « tracté » lentement. Les coloris Trout Fry et Metallic minnow sont devenus pour moi des bases. Et cette année,  Gunki fait même du « sur mesure » avec le coloris Flash trout fry. J’en rêvais, ils l’ont fait !

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Mais parfois, ce n’est pas le wobbling avec son empreinte vibratoire soutenue qui a la faveur des truites. Il leur arrive de préférer des leurres avec des frétillements plus mesurés couplés à un rolling (roulis) plus marqués. Dans ce cas, j’utilise avec bonheur le flat fry d’Illex. Avec ses flancs plats, son impact vibratoire est faible alors que l’effet visuel créé par le rolling reste conséquent. Enfin, je ne sais pas si c’est cela, mais présenté courbé, ce leurre m’a rapporté des quantités de truites.

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Si la veine d’eau est importante et le courant  marqué, j’opte alors pour un modèle coulant.  Durant la phase de déploiement de la bannière, il a le temps de s’enfoncer dans la lame d’eau. En termes de modèles, je me limite alors aux peu coulants, comme les traditionnels Count Down, les Tricoroll S d’Illex. Avec l’ample wobbling qui a fait la réputation des Tiny Fry, j’ai beaucoup d’espoir en la nouvelle version coulante du Tiny Fry 50 S.

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J-2 : voilà pour la théorie ! Maintenant place à la pratique ! Sur ces quelques conseils, qui j’espère vous auront été enrichissants, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une excellente saison. Tentez les boucles, jouez des courants. Vous verrez, l’ami Tof avait raison : les présentations courbées, c’est jubilatoire !

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Vous souhaitez découvrir cette technique, dans le massif vosgien au cœur du pays de Salm, c’est ici


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Truite au Poisson nageur : Généralités et matériel

Encore peu répandue il y a quelques années, la pêche de la truite aux poissons nageurs a la faveur de plus en plus de traqueurs de salmonidés. Personnellement, je suis vraiment fan de cette pêche, notamment en début de saison. Mais contrairement à beaucoup de pêcheurs qui utilisent les poissons nageurs comme les cuillères, dès le début de saison, en pêchant vers l’amont, jusqu’en mai pour ma part c’est aval que ça se passe.

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Généralités

Habituellement, je pêche la truite au poisson nageur en petite à moyenne rivière (5 à 20 m de largeur). Contrairement aux grandes rivières, les postes sont étroits, et souvent marqués. Précision et contrôle de la dérive sont les points clé du succès. La précision s’acquière en pratiquant. Le contrôle de la dérive, en revanche, demande moins d’expérience que d’observation, de méthode et de concentration. Concrètement, le jeu consiste à faire varier d’une part la densité et la bavette des poissons nageurs, et d’autres parts les angles d’attaque des postes en fonction de leur physionomie, pour trouver la combinaison gagnante aux yeux des truites. Dans le même esprit que la pêche à la mouche en noyée ou au streamer, il est souvent nécessaire d’utiliser la traction du courant sur la ligne pour conduire le leurre.

Une canne longue pour rester en retrait et conduire  une ligne fluo bien visible

Une canne longue pour rester en retrait et conduire une ligne fluo bien visible

Matériel

Vous l’aurez compris, cette approche aval est bien différente de la technique traditionnelle de pêche au lancer. C’est pourquoi, le matériel que j’utilise spécifiquement en début de saison est aussi assez différent de mon équipement estival.

Il y a des conditions, où, sans canne longue, ça devient impossible

Il y a des conditions où, sans canne longue, ça devient impossible

La canne, tout d’abord, est plutôt longue : de 2.10m à 3 m afin de conduire au mieux la dérive de leurre et le placement de la bannière. Par le passé, j’utilisais des cannes à vairon manié. Mais elles avaient pour la plupart l’inconvénient d’avoir un scion trop raide. Une bonne canne  à PN, à mon goût, doit avoir une action de pointe suffisamment marquée pour se mettre en charge avec un leurre de 2 à 7 gr lors d’un lancer sous la main. Son action doit également être progressive pour encaisser les attaques  des farios, mais pas trop sans quoi les ferrages deviendraient inopérants.  Autant dire qu’il y a assez peu de cannes sur le marché français qui soient réellement adaptés à cette pêche aval. Chez Pezon et Michel, j’ai longtemps utilisé la Silver Generation Minnow 300, puis la Specialist Source Trout Spin 240. Cette année, avec la sortie de la Redoutable Flow 260, j’ai trouvé une canne qui réponde en tous points au cahier des charges.

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Autre particularité, qui pourrait paraitre « as been » aux yeux de certains : l’utilisation du fil fluo ! Vous le comprendrez lors des prochains articles où je détaillerai quelques approches, la visualisation de la bannière est cruciale dans l’action de pêche. J’utilise depuis des années le fil Eaux vives Color Line Yellow en 18.5 et 20/100. Bien visible, sans trop de mémoire ni d’élasticité : il fait le job, et bien. En revanche, j’intercale toujours une pointe en fluorocarbone de 1 à 1.5 m entre le corps de ligne et le leurre. Outre la discrétion qui est de mise, plus dur que le nylon le fluoro Ice Pezon et Michel résiste mieux en contact des pierres et des branches qu’il rencontre sur son passage. Et puis, le point de contraste à la jonction m’offre une précision supplémentaire dans la visualisation de la trajectoire de mon poisson-nageur.

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Voilà pour le matériel. Quant aux leurres et aux trajectoires, ça sera pour la suite.


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Catalogue Pezon et Michel 2014

En 2014, le catalogue Pezon et Michel nous réserve encore plein de nouveautés : les cannes Shigeki pour les pêches tactiles de la truite et des percidés, les cannes Flow pour la truite au lancer, les bigbaits Itoka 210S, les Grubby shad ou la gamme Silent de poissons nageurs Gunki…et j’en oublie. Ce n’est pas grave, j’aurai l’occasion de vous reparler de mes coups de cœur. Et pour l’instant, je vous laisse vous plonger dans le catalogue.

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http://http://asp.zone-secure.net/v2/indexPop.jsp?id=383/452/40970&lng=fr

C’est en 2007 que Jérôme Riffaud, le chef produit de la marque, m’a proposé d’intégrer l’équipe Pezon et Michel. A l’époque, j’avais d’autres opportunités. Je n’ai pourtant pas hésité. Ailleurs, il y avait du beau matériel, certes, mais je n’avais pas retrouvé cet esprit que Jérôme souhaitait donner à cette marque (re)naissante : « Evolution by design ! », avoir un vrai travail d’équipe pour créer des produits adaptés à l’évolution de la pêche.  Se plaçant dans le moyen de gamme, Pezon et Michel propose du matériel adapté à chaque technique, de bonne qualité et à prix accessible. Soucieux de contribuer à vulgariser la pêche, je trouve également cohérent de promouvoir des produits  que chacun peut acheter.  Voici pourquoi, j’ai répondu favorablement à l’« Invitation » tendue par Pezon et Michel et que je suis fier de porter les couleurs de cette marque.