D'Fish le Blog

David Pierron et les poissons


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Vive Saint Nicolas

En Lorraine, durant mon enfance, la Saint Nicolas avait autant sinon plus d’importance à mes yeux que Noël. Il y avait la préparation de l’avoine  pour l’âne, du gâteau et du verre de lait pour Saint Nicolas, et puis la peur du père fouettard qui épissait tout ce rituel . Et le lendemain, plus d’avoine, de gâteau, mais des cadeaux à la place. C’était la fête, la fête des enfants.

be9feab5Début décembre 2013, en revanche ce n’était pas la fête. Après deux semaines de froid sec, les poissons avaient la gueule clouée. C’est là que j’avais posé une semaine de congés pour pêcher ! Les premiers jours, je les avaient passés en compagnie de Pierre Pom et d’Enzo Minardi qui était venu en reportage. Résultat : à peine une demi-douzaine de touches, une poutre perdue et un modeste brochet au bateau. Les jours suivants leur départ, la bise glacée qui soufflait en rafale m’avait clouée devant l’étau. Températures positives et vent de sud-ouest, enfin pour la Saint Nicolas une fenêtre météo favorable s’ouvrait.

C’est parti, direction le Rhin. En arrivant à la mise à l’eau, ça commence mal. Le niveau du fleuve a encore chuté, à tel point que la mise à l’eau du bateau est vraiment limite. Au moment de choisir une option pour démarrer la journée, j’avais bien une idée en tête. Mais j’ai finalement décidé de partir à l’opposé à la recherche de nouveaux spots. Le niveau étant bas, j’en profite pour pêcher des fosses dans le lit du fleuve. Quelques heures passent, mais rien. Il est temps de changer d’option. Nous voilà parti à proximité d’un quai de chargement de céréales. Bingo ! Les échos de fourrage sont au rendez-vous. On tourne sur la zone. On alterne les techniques. Il me faut passer en verticale légère avec un finesse pour déclencher la première touche. C’est un brochet modeste, mais c’est déjà ça de pris. Je reprends 2 petites tapes et le vent commence à forcir. ça devient compliqué de pêcher sur la zone.

D1Il est déjà 14h après le bol de Yum Yum qui a l’avantage de réchauffer, au moins la bouche ! Fini de jouer les Bob Morane, je décide d’aller voir si mon intuition du matin était la bonne. C’est un peu loin, mais il faut que j’aille voir. Arrivé sur la zone, je descends le Terrova 80 déclenche l’Autopilot et c’est parti, au bigbait cette fois. Le premier lancer est un peu loin de la berge. Le temps de me rapprocher, le troisième est bon. Deux trois tours de manivelle puis je laisse le swimbait descendre la pente. La tresse frémit quand un léger toc me parvient. Le ferrage est aussi ample qu’immédiat. La canne est cintrée. A l’autre bout, un brochet explose la surface. C’est un client ! Il arrive rapidement sous le bateau, sonde plusieurs fois avant que Gabriel ne l’emmaillote dans l’épuisette. Verdict : 1.01 m. Merci Saint Nicolas !

101Le moral regonflé à bloc, nous voilà reparti dans la dérive. Mais il ne se passe plus rien, même sur un autre point chaud que nous venons d’atteindre. Ce n’est pas grand chose, mais la pente était un peu plus douce au départ, les herbiers différents. On y retourne. Et boom, à 10 m près, nouvelle touche. Ce n’est pas une poutre, mais il fait ses 85 cm ! Cool.

85Gabriel, qui en a assez de jouer au ghillie, trouve un swimbait adapté à sa canne. Quelques mètres plus loin, il fait un poisson… adapté à sa canne. Nous retrouvons une pente encore plus douce. Je lui prête  un buster. Il n’a jamais pêché avec. Je lui explique les rudiments de la pêche au jerk. Et c’est la touche. Il apprend vite le gaillard !

GabLe jour commence à décliner. Pour avoir le cœur net, on retourne sur le spot du moment. Au premier lancer, Gabriel pique un gros poisson. Malheureusement, son ferrage n’a pas été assez appuyé et la barre émeraude nous salue d’un coup de queue. Le bateau est maintenant au pied de la cassure. Je tente un long lancer parallèle pour couvrir toute la zone de touche d’un coup. A mi-chemin, ma tresse frémit à nouveau. Sans attendre, je ferre. C’est pendu ! Et c’est beau.  Le poisson tente un travers à quelques mètres du bateau. Il est large. Et pour cause, son estomac est plein. Le ferrage réflexe était bien vu : le triple de queue du gros leurre est juste piqué sur la mâchoire supérieure du brochet. Au final, il ne fait pas le mètre. Je m’en fous bien. 97 cm pour terminer, je veux bien tous les jours !  C’est fini, il faut rentrer !

97

Vive Saint Nicolas.

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